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Les Mystères du Briar Club de Kate Quinn

Les Mystères du Briar Club de Kate Quinn aux éditions Hauteville.

Incipit:

7 femmes. Une maison. Un secret mortel.
Washington D.C., début des années cinquante, la vieille pension de famille pour dames « Briar », tenue par la revêche Madame Nilsson, accueille 6 pensionnaires qui vivent côte à côte sans vraiment se connaître jusqu’à l’arrivée d’une 7e pensionnaire, Grace March, une mystérieuse veuve venue de l’Iowa, qui sitôt installée, va bouleverser l’ordre établi. Elle institue un dîner hebdomadaire du jeudi où chacune cuisine, à tour de rôle, pour les autres. Peu à peu, une improbable amitié va naître entre ces femmes si différentes qui, ensemble, forment désormais le Briar Club, une bulle de liberté et d’évasion dans leur quotidien souvent compliqué. Jusqu’au soir fatidique de Thanksgiving 1954, où un drame va frapper la pension Briar.

 

Mon avis :

Kate Quinn est une auteure que j’apprécie particulièrement. J’ai adoré Le Réseau Alice (billet de lecture ICI), Le Code Rose (billet de lecture ICI), La Chasseresse mais je n’ai vraiment pas accroché au Diamant d’Odessa. J’ai donc décidé de laisser s’écouler un peu de temps avant de lire le dernier roman de Kate Quinn, Les Mystères du Briar Club. Et c’est chose faite. J’ai été étonnée, surprise, mais conquise par la lecture de ce roman bien différent de ce à quoi Kate Quinn nous avait habitué jusqu’alors. Si le lecteur retrouve la plume légère, fluide et addictive de l’auteure, l’arc narratif est particulièrement original. Le lecteur pense d’abord se lancer dans une enquête policière, grossière erreur ! L’auteure alterne les portraits des locataires de la pension Briar, des femmes fort différentes qui cachent toutes des blessures, des failles et des secrets. Elle dissémine avec parcimonie entre ceux-ci des retours à la scène de crime, à la victime dont on ignore tout, mais aussi, et c’est, à mon sens, d’une brillante originalité, des interventions de la maison elle-même, qui devient dès lors elle aussi un personnage à part entière, pour nous livrer ses impressions, ses peurs et ses angoisses. L’auteure nous brosse le portrait de la société américaine du début des années cinquante sur fond de maccarthysme et de chasse aux sorcières où certains voient des cocos partout. Comme toujours chez Kate Quinn, le contexte historique est richement documenté et les personnages de fiction côtoient des personnages ayant réellement existé. L’auteure aborde également de nombreux thèmes dont certains sont, malheureusement, encore d’actualité : la ségrégation, la discrimination, l’homosexualité, les difficultés liées à la maternité, les violences conjugales, l’exil, la précarité, l’émancipation de la femme….Elle nous dépeint des personnages touchants, émouvants auxquels le lecteur ne peut que s’attacher: de Nora, amoureuse d’un gangster à Fliss, mère débordée d’une fillette tyrannique, en passant par Reka, vieille artiste peintre hongroise bougonne, toutes ces femmes sont fortes et fragiles à la fois, en quête d’émancipation et vont, avec un petit coup de pouce du Briar Club parfois, trouver leur voie. Puis, il y a surtout Grace, indépendante, bienveillante, toujours à l’écoute, qui prend sous son aile toutes les autres locataires et les enfants Nilsson, Pete et Lina, délaissés par une mère radine et égocentrique, autour de laquelle finit par graviter toute la maisonnée. Elle aussi porte un bien lourd fardeau ! Mais chut… pas question de divulgâcher ! Kate Quinn nous offre un moment de lecture captivant, une fresque féminine pleine d’émotions et une ode à la famille, pas celle du sang, celle que l’on se crée, celle que l’on choisit. Le lecteur referme ce livre à regret, le cœur serré, la gorge nouée, laissant les Belles du Briar Club à leur destin.

Si vous aimez les lectures captivantes, pleines d’émotions et les fictions historiques avec leur lot de secrets, installez-vous confortablement dans votre canapé, rejoignez le Briar Club et dégustez un verre de thé de soleil de Grace.

P.S. : Pour les lecteurs attentifs, Kate Quinn a glissé un petit clin d’œil à Beth, une des héroïnes du Code Rose, et pour les amateurs de cuisine, l’auteure nous offre en bonus toutes les recettes du Briar Club.

Extraits : « Les Américains faisaient grand cas de la devise gravée sur la statue de la Liberté : « Envoyez-moi vos harassés, vos pauvres, envoyez-moi vos masses opprimées qui aspirent à vivre libres. » Néanmoins, la plupart d’entre eux préféraient de loin une certaine catégorie d’immigrants : la catégorie sans accent. »

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