Livres coups de coeur

Le Secret de la Villa Carlotta de Silvia Montemurro

Le Secret de la villa Carlotta (titre original italien: Il Segreto di Villa Carlotta) de Silvia Montemurro aux éditions Verso (1er tome de la saga Les villas du lac de Côme).

Incipit :

1848, Carlotta, fille aînée de Marianne de Nassau et du prince Albert de Prusse, est contrainte de passer l’été dans une villa sur les rives du lac de Côme avec sa sœur cadette, sa grand-mère et sa mère. Les frasques de sa mère et sa demande de divorce ont provoqué un tel scandale à la cour de Prusse qu’elle s’est vu signifier son bannissement. C’est à contrecœur que Carlotta quitte Postdam pour rejoindre Tremezzo et la superbe villa achetée par sa mère, mais elle va rapidement tomber sous le charme du lac et de ses magnifiques paysages, une destination très prisée de la noblesse et des notables qui y passent leur été à organiser des réceptions, à renforcer les liens entre familles influentes et à arranger des mariages. Carlotta, éprise d’art et de liberté et peu friande des mondanités, va devoir faire ses débuts dans la haute société et trouver un prétendant digne de ce nom pour faire oublier le scandale provoqué par sa mère. Peu après son arrivée à la villa, Carlotta trouve un mystérieux carnet, le journal intime d’Elena, une jeune domestique qui a servi trois années auparavant dans cette villa alors louée par une riche famille, les Valsecchi. Persuadée que la villa recèle des secrets et est entourée de phénomènes étranges, elle va se lancer sur les traces d’Elena dans une quête de vérité.

 

Mon avis :

Silvia Montemurro nous offre une fresque romantique à caractère historique qui s’inspire de personnages et de faits réels. Ce premier tome de la saga Les villas du lac de Côme nous narre l’histoire de Carlotta, héroïne très attachante, écartelée entre le devoir et les conventions liées à son rang et sa soif de liberté. Résolument moderne comme sa mère, elle refuse de lier son destin à un homme qu’elle n’aime pas. Les mondanités, les réceptions et les bals avec leur cortège d’intrigues, de rumeurs et de commérages ne l’intéressent guère et c’est dans la lecture d’un mystérieux journal intime écrit par Elena qu’elle va trouver refuge. Sous la plume fluide de l’auteure, le lecteur est transporté sur les bords du lac de Côme avec ses magnifiques villas aux jardins luxuriants dans un savant mélange de fiction historique et de romance, mâtiné de secrets et de mystères, avec un soupçon de fantastique, dans un genre qui rappelle à la fois Jane Austen et ses amours « Je t’aime, moi non plus » toujours bienséantes et Les Chroniques de Bridgerton, version très soft, avec son lot de cancans et de scandales. A travers Marianne et Carlotta, l’auteure aborde la volonté d’émancipation de femmes en avance sur leur temps qui cherchent à briser le carcan dans lequel leur statut social les enferme mais aussi la condition des femmes de basse extraction souvent livrées au bon vouloir des nantis et à la concupiscence de leurs patrons. A travers ses personnages, Silvia Montemurro nous invite à ne jamais nous fier aux apparences et à faire fi des préjugés pour ne juger les gens que sur leurs actions et non sur leurs origines. Elle nous parle également des secrets et des liens familiaux complexes. En taisant les raisons de son divorce pour protéger ses enfants, Marianne nourrit la colère et la rancœur de Carlotta. La lecture est rendue prenante par les extraits du journal d’Elena savamment distillés au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue qui est, par ailleurs, bien ficelée. L’auteure nous décrit un cadre idyllique dans lequel le lac de Côme tient une place centrale et nous invite à l’introspection et, à l’instar de Lamartine, à la contemplation. En un mot comme en cent, une lecture estivale immersive et très agréable.

Si vous cherchez une lecture estivale pour vous évader au soleil de la Dolce Italia, posez vos valises à la Villa Carlotta et profitez de la vue imprenable sur le lac de Côme.

P.S.: Le deuxième volet de la saga « La Fiancée de la Villa Balbianello » paraîtra en décembre 2026 aux éditions Verso.

Extraits

“Ne te fie jamais aux apparences. Jamais.”

“Je ne doute pas que certaines qualités puissent être enseignées. Mais l’élégance et l’authenticité sont innées. On ne peut pas les apprendre. On sait d’emblée, quand on observe quelqu’un, s’il appartient vraiment à ce monde, comme vous et moi.”

“Je me demande, comte, si vous vous rendez compte à quel point votre vision est limitée. Vous savez, beaucoup de gens de sang noble n’ont ni élégance ni véritable noblesse d’âme.”

“Il est injuste de juger une personne sur ses origines ou sur l’éducation qu’elle a reçue. Le caractère et les actions ont beaucoup plus de valeur qu’un nom ou un titre.”

“Je n’ai pas l’intention de sacrifier ma dignité pour un homme, ni par convenance ni par amour”

 

 

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *