Entre les lignes ennemies de Laurence Pinatel aux éditions Presses de la Cité.
Incipit : Londres, 1915, Juliet Flemming, experte en cryptographie, opère en tant qu’espionne au service de la Couronne britannique. Elle est envoyée en mission à Lille sous une fausse identité pour intercepter les messages de l’ennemi, les décrypter et les transmettre à Londres. Peu importe les risques encourus, seule la défense de la patrie et de la liberté compte pour elle. Jusqu’à ce qu’elle se voie confier une mission à haut risque qui va changer le cours de son existence.
Berlin, 1938, Daria von Seckendorff, 21 ans, se retrouve seule après le décès de son père, Franz, qui l’a élevée seul après la mort de sa mère qu’elle n’a jamais connue. Dans la bibliothèque de son père, Daria trouve une série de carnets écrits par sa mère qui retracent son parcours d’espionne. Elle découvre qui était vraiment sa mère, une femme intrépide qui n’avait pas froid aux yeux, une héroïne de guerre prête à bien des sacrifices pour sa patrie. Alors que l’Allemagne bascule dans la fureur du régime nazi, Daria va être amenée à faire des choix et va se révéler tout aussi intrépide et déterminée que sa mère le fut autrefois. Bon sang ne saurait mentir !
Mon avis : Je découvre Laurence Pinatel avec ce roman et quelle merveilleuse découverte ! J’ai été happée par ce récit captivant, impossible de lâcher le livre ! J’ai été séduite par la plume de l’auteure, riche, profonde mais légère et fluide, comme je les aime. L’auteure est passée maître dans l’art de la description, elle transporte et immerge le lecteur dans un autre espace-temps. Il a vraiment l’impression de marcher dans les pas des deux héroïnes, de se balader dans le Berlin de 1938 avec Daria, de passer les frontières en évitant les patrouilles allemandes avec Juliet, de vivre la fureur et la frénésie de la Nuit de Cristal…..La double temporalité permet de rythmer le récit et de basculer d’une époque à l’autre, d’une héroïne à l’autre. Les personnages sont émouvants, attachants, les héroïnes sont fortes, déterminées, prêtes à risquer leur vie par conviction ou par amour. Et puis, il y a CE rebondissement, que j’espérais depuis le début, mais chut… pas question de divulgâcher. Cette fiction historique, mâtinée de roman d’espionnage, rend un vibrant hommage à toutes ces espionnes et résistantes méconnues et bien souvent oubliées des livres d’histoire, notamment à celles du réseau d’Alice Dubois, alias Louise de Bettignies. Si j’ai adoré ce livre, c’est aussi parce qu’il m’a fait penser à d’autres romans que j’avais adorés : Le Réseau Alice (billet de lecture ICI) et Le Code Rose (billet de lecture ICI) de Kate Quinn et Ce qui ne nous tue pas … de Carole Declercq (pour la partie espionnage) et La saga des désobéissantes (billet de lecture ICI) de Carole Declercq (pour l’atmosphère d’avant-guerre).
En un mot comme en cent, ce livre ne se lit pas, il se dévore, c’est un énorme coup de cœur ! Je ressors de cette lecture également conquise par la plume de son auteure qui fait désormais partie de la liste des auteurs dont je suis l’actualité. J’ai vraiment hâte de découvrir son prochain roman.
Si vous aimez les fictions historiques bien documentées et les héroïnes au caractère bien trempé, éteignez votre portable, installez-vous confortablement dans votre canapé et plongez Entre les lignes ennemies.


